Forum de la Rénovation n° 2 « Les socialistes et le marché»
Par Sauveur MIRAILLES le mercredi 5 décembre 2007, 23:50 - La Rénovation - Lien permanent
Réflexions de Lucien Villard sur les entreprises privées
Puisque la vie des entreprises est elle aussi devenue précaire suite aux pressions financières
Puisque la vie des entreprises est elle aussi devenue précaire suite aux pressions financières, qu’elles demandent de la flexibilité et la possibilité de licencier plus facilement, alors mettons-les devant leurs responsabilités et organisons la solidarité des employeurs. Comment ? Une solution proposée : un salarié embauché par une entreprise d’un secteur d’activité donné aurait un double rattachement à son entreprise qui continue à gérer son contrat et à assurer son revenu et automatiquement au bassin d’emploi dont elle fait partie ( bassin dont le périmètre sera à définir ). Les entreprises du secteur d’activité du bassin participent au financement de la structure centrale qu’on peut appeler groupement d’employeurs. Pour les petites ou nouvelles entreprises, on peut envisager la gestion des salaires directement à ce niveau, ce qui faciliterait leur tâche et leur création. En cas de difficultés, soit momentanées, soit plus graves, l’entreprise fait appel au groupement qui se charge de procurer du travail aux salariés devenus disponibles avec, éventuellement, des indemnités de déplacement, si c’est loin de son domicile. Le salarié ne dépendant plus de son seul employeur conserve son revenu et ses acquis. Ainsi, on supprime l’angoisse du licenciement et du chômage et les drames que cela entraîne. Le salariat n’est plus le seul à payer les difficultés économiques et les ajustements. Il n’est plus seul face à la recherche d’emplois puisque c’est la collectivité qui en est responsable et qui doit lui proposer du travail. La formation nécessaire en cas de changement d’activité est prise en charge et organisée par le bassin d’emploi. Des passerelles peuvent s’organiser entre les différents secteurs d’activité. La recherche du premier emploi peut s’organiser autour de ces deux niveaux : entreprise, bassin d’emploi, y compris les stages en entreprise. Ceci suppose un lien entre école, université et les groupements d’employeurs. Les collectivités territoriales auraient toute leur place dans un tel dispositif. Nationalement, ceci suppose une réforme complète des ANPE et des ASSEDIC dont l’objet est révolutionné. Il reste des travailleurs à qui on n’aura pas pu proposer un travail, soit parce qu’ils ne sont pas employables momentanément ou définitivement ou soit parce que le collectif aura été dans l’incapacité de leur procurer un travail. Dans ce cas-là, il faudra bien leur procurer un revenu en attendant de leur trouver du travail ou de les mettre en invalidité. Cet ensemble de propositions devra faire l’objet d’une grande négociation entre l’état et les partenaires sociaux suivie d’une réforme du code du travail et des prud’hommes. Un dernier point : quand on aura progressé dans le domaine de la flexisécurité on aura en même temps progressé sur la question du temps de travail. Actuellement la droite matraque les 35 heures et fait croire de façon éhontée qu’elles seraient la cause essentielle du chômage et de la baisse du pouvoir d’achat. Dans un article de « Libération » des premiers et deux décembre 2007 Pierre Larrouturou démontre, chiffres à l’appui, que cela est faux. La France est le pays qui a le plus augmenté sa productivité. En 30 ans, l’économie française produit 76% de plus avec 10% de travail en moins. La population active est passée de 22,3 à 27,2 millions de personnes ( baby-boom et travail des femmes ). Le travail nécessaire à l’économie a baissé de 10% alors que le nombre de personnes disponibles augmentait de 23%. Depuis juin 1974 un partage sauvage du travail s’est mis en place : 19 millions travaillent 39 heures en moyenne avec les heures supplémentaires, 4 millions sont à temps partiel et 4 millions n’ont pas de travail ( les chômeurs ). « Travailler tous pour travailler moins et gagner plus » tel devrait être le nouveau slogan du parti.
PS : Je trouve le silence du parti sur cette question assourdissant.

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