Nous vivons dans un monde qui tend à n’être plus que capitaliste avec comme références : CAC40, stock options, parachute doré et, avant tout, rentabilité financière. Face au constat du stade actuel du capitalisme dominé par la finance, il est indispensable que le projet des socialistes, en intégrant cette réalité, mette tout en œuvre pour réduire ce poids sur l’économie, que cette finance soit nationale ou ( et encore plus ) internationale. La vie des entreprises dépend des cours de la bourse et non plus du savoir faire des ouvriers, de leurs conditions de travail. Si l’action baisse, on délocalise, on licencie : il faut maintenir un revenu élevé au capital. Le revenu des actionnaires est annuel et les entreprises doivent s’adapter à ce court terme. Est-il acceptable que l’endettement insolvable du logement aux USA, soudainement découvert, ait une telle influence sur nos propres valeurs boursières européennes ? La mondialisation comme le marché sont des réalités mais doivent être régulés. Ce système agit en aveugle avec comme seul critère la rentabilité financière. La vie d’une entreprise est actuellement trop soumise aux volontés de la bourse et l’économie ne répond plus qu’à un objectif de rentabilité. La société de consommation en est une première conséquence. Ce système actuel accroît les inégalités : seuls les dirigeants et les administrateurs en profitent. La régulation par l’impôt ne joue plus son rôle dans le maintien des services publics et dans le système de redistribution. D’autant plus que dans cette vision capitaliste on met à la charge de l’état et on lui réclame tout ce qui n’est pas rentable : infrastructures, éducation, formation, chômage, santé, traitement des handicaps….Face aux discours et aux actes de la droite pour discréditer l’impôt, le réduire et supprimer sa progressivité, le parti socialiste doit agir pour le réhabiliter en ayant un discours clair. Il doit proposer une grande réforme de fond pour l’ensemble des impôts nationaux et locaux : réforme qui redonne à l’état, à tous niveaux, un levier décisif pour créer les conditions de la maîtrise, de la création, de l’utilisation et de la répartition de la richesse nationale. Une des conséquences de cette main mise financière sur l’économie fait que la surconsommation générée par cette emprise entraîne le gaspillage effréné des ressources naturelles, une utilisation abusive des moyens de transport des marchandises et la pollution. A travers le « jetable » et la non réparation de nombreux appareils on entraîne une prolifération des déchets. Toute une industrie est en train de se monter sur la dépollution et le recyclage des déchets. Il faut évidemment la développer et la soutenir là où elle en a besoin, tout en conservant un œil critique : il arrive que la même firme vende les polluants et les dépolluants, disant à la clientèle : « Polluez sans crainte, nous dépolluons ». Le marché ne peut être laissé à lui-même. Sinon, où peut-il nous conduire à l’aveuglette ? Probablement aux conditions de travail asiatique et à leur écart toujours plus grand entre riches et pauvres. Il faut qu’il soit encadré et contrôlé. Les richesses produites par une entreprise ne doivent pas servir uniquement à un rapport financier pour les actionnaires mais doivent être utilisées pour l’ensemble des travailleurs de l’entreprise et doivent servir également au développement de l’économie nationale : - Assurer le financement de la solidarité nationale en intégrant toutes les sources de revenus, y compris celles du capital, pour redonner à la sécurité sociale tout son sens. - Créer une branche dépendances pour toutes les personnes en perte d’autonomie. - Supprimer un poids énorme qui pèse sur les départements. - Inverser la tendance à la précarisation dans tous les secteurs. - Réviser les statuts de la fonction publique tout en conservant la sécurité de l’emploi pour les adapter, leur donner plus de souplesse. - Intégrer tous les emplois précaires. Les nationalisations ont donné quelques succès à condition d’une gestion attentive. Les principaux services publics français ( poste, SNCF, EDF, hôpitaux, enseignement) n’ont pas donné de résultats scandaleux à l’époque où ils étaient tous publics. Actuellement l’Etat vend les services les plus rentables et conserve ceux dont personne ne veut. N’est-il pas préférable que les bénéfices éventuels reviennent à l’Etat, c’est à dire à nous tous, ou soient réinvestis, plutôt que d’enrichir des actionnaires qui tirent leur richesse de l’achat et de la vente d’entreprises (comprenant les concitoyens qui y travaillent ) sans craindre d’en ruiner quelques unes si tel est leur intérêt. Seul l’Etat peut juger d’une orientation à longue échéance qui soit favorable à sa population, quitte à braver un manque de rentabilité immédiate ou plus durable. Quand il s’agit d’un Service Public, le calcul ne doit pas seulement prendre en compte des aspects financiers simplistes. Il n’est pas tenu assez compte de l’Union Européenne. Trop de citoyens et de gouvernements raisonnent comme si leur pays était une île fortifiée. Etablir des règlements nationaux dans un pays européen, sans tenir compte des pays voisins est une ineptie, puisque personnes, marchandises et capitaux circulent librement. L’intégration européenne devrait être une garantie contre les effets néfastes de la mondialisation et de la concurrence déloyale. L’Europe doit se préoccuper de l’aspect social dans le développement qu’elle doit assurer dans les pays qui la composent.