Fadéla, Rillieux-la-Pape ne te kiffe pas !
Par Stéphane Dieu le dimanche 28 octobre 2007, 19:55 - Actualité - Lien permanent
Il y eu le 13 février 2003… tous les Rilliards s’en souviennent : Baudelaire avait des airs de Fort Chabrol, les Rilliards étaient parqués derrière des barrières de sécurité, derrière un cordon de CRS, derrière…
Puis, Nicolas Sarkozy est arrivé, à grand renfort de gyrophares et de gorilles ! Il s’est engouffré dans Baudelaire, a fait son show pendant que Rachida Dati achetait le calme à l’abri des regards en promettant des embauches aux (rares) jeunes qui eurent la permission de rentrer dans l’espace culturel de la commune.
Fadéla Amara à Rillieux-la-Pape, où l’histoire d’une visite imposée, (très bien) préparée… puis annulée !
Sarkozy est parti, les promesses d’emploi n’ont jamais été tenues… pas plus que celle qu’il fit aux élus et présidents d’associations de « revenir dans 6 mois pour faire le bilan » !
Il y a désormais le 30 octobre 2007 : date à laquelle la ville de Rillieux-la-Pape devait accueillir la secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville.
Tout a commencé le 20 octobre par un coup de fil du préfet au Maire lui annonçant « Fadéla Amara, secrétaire d’Etat, veut visiter Rillieux-la-Pape… proposez-nous un programme ! » La bonne affaire, elle s’invite, mais c’est à la ville de trouver la justification à son déplacement. C’est vrai, ils ne sont pas assez nombreux dans le ministère de Boutin (et oui, Fadéla Amara qui trouve les tests ADN « dégueulasses » est la sous-ministre de Boutin… celle qui s’exprime à la tribune de l’Assemblée nationale avec un exemplaire de la bible) pour lui proposer autre chose que le guide du routard.
Alors les services de la ville ont travaillé ; les associations locales ont fait jouer leurs réseaux pour trouver des « familles qui habitent la ZUP et qui présentent bien » car « Madame la Ministre veut rencontrer des gens vrais (dixit le Préfet) »… et les familles ont été trouvées. Elles étaient même particulièrement fières, pensez donc, elles vont accueillir une Ministre « chez elles ».
On a gentiment préparé les listes des personnes qui étaient censées nous accompagner parce que « Madame la Ministre est une personne importante et il nous faut vérifier que les personnes présentent ne constituent aucun danger (dixit – toujours – le Préfet) ».
C’est vrai que les élus de Rillieux-la-Pape ont l’habitude de travailler avec de dangereux terroristes… donc on a donné les listes.
On a même fait « du terrain », parce qu’il fallait bien ça pour rassurer tous ces conseillers techniques et autres chauffeurs de Madame la ministre.
A quoi cela consiste exactement « faire du terrain » avant la venue d’une ministre : c’est simple, vous prenez 11 personnes (7 de la préfecture dont la Chef de cabinet du Préfet et 4 de la ville, dont le Directeur général et le Directeur du cabinet du maire), vous leur faite parcourir la ville à bord de 3 voitures, vous les faites stopper dans 5 endroits différents et là, à chaque fois, vous les écoutez discuter 10 minutes pour savoir :
- si la ministre descendra de la voiture « par la gauche » ou « par la droite » ;
- si elle rentrera dans la salle en passant « par le parking Oslo » ou « le long de l’avenue Leclerc » ;
- si l’ascenseur est suffisamment grand pour accueillir trois personnes (la ministre, son garde du corps… et le préfet – protocole oblige il est censé aller partout où va la ministre –), tant pis pour « les autres (dont le Maire et les familles), ils n’ont qu’à monter les 8 étages à pieds » ;
- si toutes les chaises doivent être installées avant l’arrivée de la ministre…
Le plus comique dans ces situations, c’est qu’il y a en toujours un pour dire que :
- « le passage par le parking Oslo c’est vraiment beaucoup plus long » (et donc risqué !) que le long de l’avenue Leclerc pour arriver à pied au premier lieu de rendez-vous : c’est vrai, il y a bien 37 mètres d’écart ;
- « si la ministre prend l’ascenseur, il faut que la ville prévoit un technicien qualifié, dés fois que l’ascenseur tombe en panne au mauvais moment », traduire « quand la ministre est dedans » ;
- si on ne met pas toutes les chaises et qu’il y a plus de personnes que prévues, il va falloir en déplier « devant la ministre », d’où, à nouveau, risque d’accident, voire d’agression…
Bref on y a quand même passé prés de trois heures, dérangé 5 représentants d’associations, monté 8 étages, tourné à pieds durant 20 minutes entre Boileau, Michelet et Dumas… jusqu’à envisagé le nombre de plateaux repas pour les services de sécurité (12, tout de même) ainsi que le type de buffet que la Ministre mangerait. Pour la petite histoire, j’étais fier moi de lui proposer un « buffet asiatique réalisé par une association locale »…
Tout ça pour quel résultat ? AUCUN.
Nous avons reçu un appel de la préfecture ce soir nous informant que « le déplacement de Madame la ministre est annulé ; nous vous recontacterons » : Circulez, y a rien à voir !
Moi je suis vachement déçu : je ne saurai jamais si Fadéla elle aime la cuisine asiatique…
La morale de cette histoire ? Lorsqu’une sous-ministre de Sarkozy s’invite chez toi, ce n’est pas parce qu’elle trouve les test ADN « dégueulasse », qu’elle dit « vouloir y aller a donf », qu’elle vaut mieux qu’un élu UMP de base !
Deuxième morale : en politique, les promesses n’engagent que ceux qui les croient… ce n’est pas la préfecture qui a appelé les familles pour leur annoncer que finalement la ministre ne passera pas. Elles sont déçues, dépitées et c’est la ville désormais de faire en sorte que ces mamans restent mobilisées et continuent à croire dans l’engagement citoyen et dans la parole d’un homme ou d’une femme publique.
Fadéla j’te ldi cash : j’te kiffe pas ! comme qui dirait : y a des coups de Karcher qui se perdent !
Stéphane Dieu

Commentaires
Bon Ben! Et alors! Tu t'attendais à quoi?
L'ivresse des sommets ça existe et pas qu'en montagne, en politique aussi et surtout !
Tu verras quand elle redessendra dans la vallée rejoindre les vrais gens ça ira mieux.
Enfin, j'espère pour elle car pour moi elle n'a déjà plus la bonne hauteur des jambes comme dirait Coluche