... Mais comment osez-vous ?
Vos vœux pour 2007 montrent encore une fois, s’il en était besoin, que vous ne respectez pas l’intelligence de vos concitoyens : ils ne sont pas tous à l’UMP vous savez.
Comment osez-vous nous parler d’union, alors que vous n’êtes pas capable de la faire dans votre propre camp !
Comme oser-vous parler de progrès économique et social, quand la France recule dans la compétition mondiale – même la Chine ne veut pas de nos réacteurs nucléaires ! – et quand vous réussissez le tour de force de mettre tous les syndicats (y compris des cadres) dans la rue.
Comment, à 4 mois des échéances présidentielles, osez-vous agiter l’illusion du logement pour tous alors que tout le monde sait que cela nécessite une politique à long terme et une volonté politique farouche. La situation actuelle résulte du laxisme et de l’incurie des gouvernements Raffarin et Villepin ; je vous rappelle que le groupe socialiste au Sénat avait proposé une loi au printemps dernier qui proclamait justement le « droit au logement opposable ». Que pensez-vous qu’il soit advenu ? Elle a été purement et simplement rejetée pour votre majorité politique et votre gouvernement !
Alors comment osez-vous maintenant vous poser, une fois de plus, en défenseur de ceux qui souffrent. Tenez déjà l’ensemble de toutes vos abracadabrantesques précédentes promesses (notamment celle de réduire la fracture sociale !), avant d’en proférer de nouvelles, grotesques, qui prêteraient à sourire si elles ne concernaient des hommes et des femmes en détresse ! A combien de nuitées dans les palaces de l’Ile Maurice estimez-vous le bien-être des mal logés de Paris et d’ailleurs ?
Comment osez-vous promouvoir une France solidaire, alors qu’il y a un an vous étiez passif face à votre ministre de l’Intérieur dont les propos ont insulté une majorité de citoyens et aggravé la crise des banlieues ?
Comment osez-vous défendre la jeunesse, alors que toute votre politique vise à la montrer du doigt et à la stigmatiser. N’est-ce pas vous qui déclariez, lors d’un débat avec des jeunes sur un plateau télé juste avant le referendum sur le traité constitutionnel européen, « Je ne vous comprends pas » ?
Comment osez-vous justement parler de relancer l’Europe alors que vous n’avez convaincu personne en 2005 ? Vous n’avez même pas eu la dignité politique de démissionner après l’échec du referendum que vous avez pourtant décidé.
Un dernier mot : une fois de plus il vous aura fallu des décennies pour vous persuader du bienfondé d’une réforme fondamentale initiée dès 1981 par la gauche et Mitterrand. Je veux parler de l’abolition de la peine de mort. Vous souhaitez réformer la Constitution française pour l’y inscrire. C’est une très bonne idée, mais convenez qu’après 10 ans de mandat présidentiel de votre part il y a de quoi s’interroger : avez-vous tant de crimes à vous reprocher que vous craigniez d’être condamné au châtiment suprême ? Je vous rassure, si tel est le cas et même sans la Constitution, nos engagements européens s’y opposeraient.
Certes Monsieur le Président, nous partageons une valeur avec vous : nous sommes fiers d’être Français. Mais en doutez-vous tant que cela pour ressentir le besoin de nous le rappeler ou vouliez-vous nous rendre responsables de vos échecs.
Allez, Monsieur le Président, on n’est pas rancunier, mais tout de même, cela fait 4 ans qu’on attend 2007 avec une impatience retenue. Alors que votre année politique 2007 soit courte et malheureuse pour vous et tous les vôtres.
Sauveur Mirailles.

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